Terre-Neuve-et-Labrador est la province la plus à l'est du Canada et l'un des points d'Amérique du Nord les plus proches de l'Europe. Sa capitale, St. John's, est l'une des plus anciennes villes d'origine européenne du continent. La province compte environ 542 000 habitants et un territoire vaste de plus de 405 000 km², partagé entre l'île de Terre-Neuve et le continent (Labrador).
L'économie a longtemps dépendu de la pêche à la morue, dont le moratoire de 1992 a profondément reconfiguré la société terre-neuvienne. Depuis, la croissance est portée par le pétrole offshore et les ressources minérales et hydroélectriques du Labrador. La province affiche un PIB par habitant relativement élevé, mais aussi un chômage structurellement plus important que la moyenne canadienne et un défi démographique (vieillissement, exode vers les grandes villes).
De nouveaux investissements massifs annoncent un nouveau cycle économique autour de l'hydrogène vert (projet Bay du Nord, puis projets Stephenville et Argentia), de l'éolien et des minéraux critiques.
L'Assemblée législative compte 40 députés. Le gouvernement actuel est dirigé par Andrew Furey, chef du Parti libéral de Terre-Neuve-et-Labrador.
Le PIB s'établit à environ 38 milliards de dollars canadiens. Les hydrocarbures (pétrole offshore : Hibernia, Hebron, White Rose, Terra Nova) génèrent la part majeure des revenus du gouvernement. Le secteur des ressources minérales du Labrador (fer, nickel) est également stratégique : Iron Ore Company of Canada (IOC) et Tata Steel Minerals figurent parmi les principaux employeurs.
Quatre champs pétroliers offshore sont en production : Hibernia, Terra Nova, White Rose et Hebron, gérés par un consortium dirigé par ExxonMobil, Suncor, Cenovus et Equinor. La production atteint environ 220 000 barils/jour. Le projet Bay du Nord d'Equinor, approuvé en 2022, ajoutera 200 000 barils/jour d'ici 2030. Une diversification vers le gaz naturel liquéfié et l'hydrogène est en cours.
Le Labrador détient l'un des plus grands gisements de fer en Amérique du Nord. IOC (Rio Tinto) à Labrador City et Tata Steel Minerals à Schefferville exportent vers l'Europe, l'Asie et le Brésil. Voisey's Bay (Vale) produit du nickel, du cuivre et du cobalt — minéraux critiques pour les batteries de véhicules électriques.
La centrale de Churchill Falls (5 428 MW) est l'une des plus grandes au monde. Le complexe Muskrat Falls (824 MW), inauguré en 2021, a ouvert une nouvelle liaison sous-marine vers la Nouvelle-Écosse. Plusieurs grands projets d'hydrogène vert et d'éolien onshore et offshore ont été annoncés : World Energy GH2, EverWind Fuels et Pattern Energy ont des projets en développement.
La pêche au crabe des neiges, à la crevette nordique, au homard et au pétoncle reste une activité économique majeure, particulièrement dans les communautés côtières. Les exportations annuelles dépassent 1 milliard de dollars.
Les exportations de Terre-Neuve-et-Labrador s'élèvent à environ 13 milliards de dollars canadiens, dont une part dominante en pétrole brut, minerai de fer et produits de la mer. Les principaux marchés sont les États-Unis (40 %), l'Europe (Belgique, Espagne, Royaume-Uni pour le pétrole) et la Chine (minerai de fer).
L'AECG est particulièrement pertinent pour la province : l'Europe est un débouché historique du pétrole, du minerai de fer et des produits de la mer. La proximité géographique (Halifax-Rotterdam est l'une des plus courtes traversées transatlantiques) constitue un avantage logistique.
Les projets d'hydrogène vert annoncés visent explicitement le marché européen : World Energy GH2 a signé un protocole d'entente avec l'Allemagne pour des livraisons à partir de 2026. Pour les entreprises françaises, des opportunités existent en énergies renouvelables, équipements miniers, technologies offshore et services environnementaux.